Covid 19 - La parole des enfants adressée au Président de la République
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À l’heure où la France entame son déconfinement, la situation des enfants demeure une source de préoccupation majeure. En témoignent les études en cours, les témoignages des familles, qui ont assumé la surcharge induite autant qu’elles pouvaient, et les observations des professionnels de la petite enfance, de l’éducation de la protection et de la santé physique et mentale.
Il est important qu’à l’heure des inévitables « insécurisations » liées à l’épidémie, les enfants puissent garder confiance et se voir reconnus et encouragés.
Le Collège des enfants et des adolescents a souhaité apporter un témoignage sur son vécu de la crise sanitaire lors de la séance plénière du conseil de l’enfance et de l’adolescence du 24 avril 2020. Ces propos ont été transmis par la présidente du Conseil au président de la République et aux ministres concernés.
Les enfants et adolescents du Collège, par la voix de trois d’entre eux, ont exprimé leurs préoccupations sur les implications de la crise sanitaire concernant leur scolarité, les inégalités, la santé, leur vie de famille, mais aussi les entraides qui se sont organisées. Depuis, en conseil, ils témoignent plus largement de leurs inquiétudes sur l'épidémie et ses conséquences.
Pour eux, les cours à la maison sont « très compliqués » ; « toute la famille est stressée » malgré « une forte entraide entre élèves et aussi entre frères et sœurs ». En cause, le sentiment d’une surcharge de travail scolaire antérieure, accentuée par le confinement, le cumul avec le télétravail des parents, mais aussi les aléas de l'utilisation du numérique pour tout, l’accès aux plateformes de l'Éducation nationale, les problèmes d'équipements et de connexions.
Ils évoquent aussi les effets sur leur santé, leur sommeil, le stress associé à la crise sanitaire, avec l’espoir d’un « changement de comportement face à l’écologie » et « qu’à l’avenir, on n’ait pas plus peur qu’avant ».
Les tensions dans la famille peuvent être vives : il faut cohabiter à plein temps, négocier autour des besoins de calme, d’Internet, de communication avec la famille, les amis et « quand les parents sont au chômage partiel ou préoccupés financièrement, leur stress déteint sur leurs enfants ». Ils pointent enfin avec force « qu’entre enfants, on est inégaux » : « les enfants de la protection de l’enfance, en familles d’accueil ou en foyers », la vie en appartement ou avec un extérieur, « de vivre avec une grande fratrie et ses parents dans un appartement sans balcon de 60 m² », ou le fait que d'autres ne peuvent pas bénéficier « d'un suivi scolaire stable sans aucun support informatique ni connexion internet. La vie sociale s’éteint lorsque l’on n’a pas accès au numérique ».
Les inégalités de conditions de vie, exacerbées par le confinement, sont pour eux une préoccupation majeure, et leur lettre se clôt sur les engagements dans l’entraide entre élèves et les manifestations de solidarité entre enfants et envers les autres générations, comme des collectes ou des enregistrements vidéo pour les résidents en Ehpad.