La traversée adolescente des années collège
Rapport adopté le 28 mai 2021
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La « prime adolescence », entre 11 et 15 ans, est une étape charnière du développement de l’enfant. Les conditions de cette « traversée » sont un enjeu pour des politiques publiques coordonnées : sociales, familiales, éducatives, de santé et santé mentale, de protection, d’aménagement des espaces et de sécurité publique.
Pour des politiques éducatives, de santé et de santé mentale de l’adolescence
Chargé d’enjeux de parcours scolaires et espace de découvertes, de connaissances, de socialités, d’identification aux autres et de doutes sur soi, le collège est aussi un lieu de rencontre avec différentes formes de violence, entre préadolescents et entre adultes et élèves, et où le mal-être de ceux qui se trouvent en situations de vulnérabilité est exacerbé – situations de handicap, de maladie chronique, de difficultés sociales, de problèmes familiaux, et parfois d’angoisses ou d’échec scolaires. Ce rapport propose à l’école de prendre appui sur l’éthique préadolescente de justice et d’engagement pour bâtir un ensemble de médiations, d’écoute des élèves, soutenir des projets renforçant le sentiment d’utilité, d’inclusion et de cohésion, propices à la confiance et à la motivation scolaire.
À la préadolescence, questionnements, simple mal-être lié à l’âge ou souffrances profondes peuvent être confondus. Partant du bilan pessimiste des dispositifs et services pour adolescents, le Conseil développe une série de recommandations graduées. Une médecine scolaire mieux structurée et pluridisciplinaire, attentive au bien-être global et corporel. Une véritable médecine pédiatrique de l’adolescent. L’urgence d’une organisation des soins hospitaliers en pédiatrie et en pédopsychiatrie de proximité à travers des acteurs proches des familles et des adolescents, des structures éducatives, thérapeutiques et médiatrice d’une réponse en réseau, comme les maisons des adolescents
L’impact révélateur de la crise sanitaire sur le quotidien des préadolescents
Les potentialités et les difficultés propres à cet âge se sont révélées et amplifiées par la crise sanitaire du Covid-19 qui a mis en évidence l’étendue des besoins pour soutenir les apprentissages et l’accompagnement des parents. Le Conseil recommande notamment d’éviter l’enseignement « distanciel » et, lorsque c’est impossible, d’organiser une aide par une personne du collège, pour les enfants, tout en s’assurant de leurs conditions et moyens d’apprentissage hors de l’établissement.
Accompagner les familles, et sécuriser l’émancipation des préadolescents
La préadolescence peut accentuer pour l’enfant et sa famille des difficultés éducatives, des tensions, voire des violences. Il est nécessaire d’aider les parents tout en offrant à leurs enfants des opportunités pour s’épanouir aussi à l’extérieur. Le Conseil insiste sur les moyens par lesquels la décision publique peut protéger l’écosystème des enfants devenant adolescents, favoriser leur accès à des temps et des lieux tiers ludiques, éducatifs, culturels, sportifs ou solidaires, où sont encouragés leur expression et leurs engagements. L’objectif est d’accompagner leur besoin d’expérimentation et de sécuriser leur « droit à la ville et à la nature », aux espaces physiques et numériques tout en prévenant les « mauvaises rencontres » et en les aidant à les surmonter.