Note de comparaison des coûts de prise en charge d’une personne en perte d’autonomie selon le lieu de vie (domicile ou Ehpad)
Adoptée par les membres le 16 novembre 2021
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Pour éclairer l’impact économique d’une politique de virage domiciliaire, cette note propose une estimation du coût de prise en charge des personnes en perte d’autonomie (principalement bénéficiaires de l’APA) et de sa répartition entre dépenses publiques et reste-à-charge (RAC) pour les personnes selon leur lieu de vie, mais aussi selon la configuration de leur ménage (en couple ou non) et leur niveau de revenu, pour différents GIR et niveaux de salaire horaire des intervenants à domicile.
Cette note montre que :
- la dépense totale actuelle à domicile est moins élevée que l’accueil en Ehpad ;
- la dépense publique est plus forte pour les allocataires en GIR 1 à domicile (sur la base d’un mode prestataire) qu’en établissement. Elle est voisine pour les GIR 2 et 3. Elle est plus faible pour les GIR 4 ;
- la dépense privée (le reste à charge) est toujours plus faible à domicile. L’écart est très prononcé (plus de 900 €/mois). Un tel écart repose la question d’une évolution du RAC en Ehpad. Dans les deux modes d’accueil – et pour un revenu de 1 300 €/mois – la dépense privée varie peu avec le GIR.
Cette note montre aussi qu’on ne saurait se satisfaire de ces constats pour conclure à l’avantage comparatif en termes de coûts de la prise en charge à domicile. Le niveau actuel des aides à domicile est en effet insuffisant. Il faut notamment :
- augmenter le niveau effectif des plans APA (avec un ratio dépense/plafonds pondéré de 50 %) ;
- diversifier le contenu des soutiens à domicile ;
- tenir compte des dépassements par rapport au tarif APA de référence dans les heures effectivement rémunérées ;
- soutenir les aidants avec une éventuelle indemnisation partielle de l’aide informelle…
Parallèlement il faut assumer une augmentation du coût des Ehpad, notamment avec l’augmentation du taux d’encadrement.
Dans ces conditions, le différentiel de coût global entre domicile et Ehpad serait légèrement diminué, le coût de prise en charge à domicile augmentant plus que le coût de l’accueil en établissement (notamment si on indemnise l’aide informelle).