Santé et scolarisation des enfants avant 6 ans à Mayotte, en Guyane et à La Réunion
Rapport adopté le 28 septembre 2021
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La loi du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance introduit la notion d’instruction obligatoire pour les enfants de 3 ans en France. La moyenne française est de 98 %, le 2 % manquant se situant principalement dans les départements et régions d’outre-mer (Drom), essentiellement à Mayotte et en Guyane. Ce rapport vient interroger les conditions de l’accès à la prévention et aux soins en santé, et de la scolarisation des enfants de moins de 6 ans.
L’école constitue un lieu d’éducation et de socialisation mais aussi de prévention et de repérage des difficultés de santé, notamment à travers l’examen médical systématique théoriquement réalisé à l’école entre la 3e et la 4e année de l’enfant.
À Mayotte et en Guyane, qui sont parmi les territoires les plus pauvres de France, les conditions de santé et d’éducation sont sans commune mesure avec la métropole. La pression démographique est très forte et liée à l’immigration clandestine. Les particularités géographiques, réseaux de communication et une insuffisance de personnels médicaux et enseignants augmentent les inégalités d’accès à l’école et à la santé (taux de scolarisation très bas, retards scolaires et sorties précoces du système scolaire, concomitantes avec des grossesses très précoces des jeunes filles).
La PMI est un maillon essentiel mais fragilisé sur ces territoires. Or l’impact au début de la vie des carences de santé et de santé mentale est potentiellement aggravé. Le suivi de la santé des jeunes enfants et le travail de prévention à l’école sont limités : la scolarisation des enfants n’est pas encore garantie ce qui éloigne encore les enfants d’un suivi de leur santé via l’école. Ce sont largement les associations travaillant auprès des enfants et des familles qui répondent dans l’urgence à une partie des besoins. Le Haut Conseil propose un renforcement substantiel des partenariats institutions-associations comme réponse transitoire, adaptée aux réalités territoriales, culturelles, géographiques et sociales. Il engage ainsi à accentuer la mobilisation structurelle et à long terme de l’État, pour rendre effectives les obligations de scolarisation et de suivi médical, et celle, plus immédiate et multiple, des acteurs locaux et des organisations non gouvernementales impliqués et implantés. Il s’agit ainsi d’appuyer la structuration d’une politique territoriale plus transparente de prévention et de protection de l'enfance, et la construction d’établissements et d’antennes scolaires mobiles.
Au-delà de cette proposition globale, le Haut Conseil recommande d’ajuster les politiques publiques et les dispositifs aux caractéristiques sociologiques et géographiques des différents territoires, notamment en travaillant le lien parent / enfant / école. Il s’agit d’aller vers les parents, et, au-delà de la scolarisation, de travailler autour de l’accès aux droits et de son amélioration. Les « classes passerelle » à La Réunion ont démontré leur pertinence