Quand les enfants vont mal : comment les aider ?
Rapport adopté par les membres le 7 mars 2023
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Dans un contexte d’augmentation avérée des troubles mentaux des enfants, les constats du HCFEA pointent le déséquilibre entre une montée constante des consommations de médicaments par les enfants et les adolescents depuis 2010, qui concernent près de 5 % d’entre eux, et le déficit structurel croissant des autres formes d’aides et de soins. La consommation de médicaments psychotropes par les enfants et adolescents a augmenté, entre 2014 et 2021, de 62,58 % pour les antidépresseurs, 78,07 % pour les psychostimulants, 155,48 % pour les hypnotiques et sédatifs et 48,54 % pour les antipsychotiques.
Ce rapport met en évidence une difficulté non seulement d'accès à des soins de première intention, psychothérapeutiques, d’accompagnements éducatifs et sociaux et de prévention, mais aussi au niveau des prises en charge pédopsychiatriques urgentes.
Pour les familles ou les professionnels qui repèrent les difficultés chez l’enfant, le manque d’offres à proximité et les délais d’accès aux professionnels retardent ou empêchent l’accompagnement de soin, sous une forme adaptée à chaque enfant, dans un délai qui évite la cristallisation ou l’aggravation et sur la durée nécessaire.
La difficulté à trouver les bons interlocuteurs vient alors s’ajouter à l’épreuve familiale qui se joue quand un enfant va mal, et se cumule avec d’autres fragilités qui frappent plus fortement certains d’entre eux. Les facteurs sociaux et environnementaux, l’âge et le sexe peuvent en effet avoir une incidence sur la santé mentale de l’enfant et de l’adolescent.
Le Conseil de l’enfance du HCFEA ne remet pas en cause l’utilité des médicaments ni des prescriptions, mais plaide pour un rééquilibrage conforme à la plupart des recommandations des autorités de santé, en France et à l’international. Il rappelle que l’accès à la santé est un droit.
Les recherches manquent sur les effets des psychotropes sur les enfants.
Le Conseil a également documenté des biais scientifiques et médiatiques susceptibles d’impacter les politiques publiques en santé mentale de l’enfant et les pratiques biomédicales en ce domaine.
L’enjeu central du rapport porte sur la nécessité d’une mobilisation coordonnée des politiques publiques dans tous les domaines touchant à l’enfance pour endiguer cette dynamique de fragilisation des enfants et des jeunes.
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